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19 octobre 2008

corrigé T4ES: Kennedy et le mur de Berlin

Evaluation, classe de Terminale 4ES, explication d’un document d’histoire

 

 

« Ich bin ein Berliner », « Je suis un Berlinois », extrait du discours prononcé par le président des Etats Unis d’Amérique, John F. Kennedy, le 26 juin 1963 sur la place de l’Hôtel de ville de Berlin.

 

  1. Rappelez quelle est la situation de      l’Allemagne au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Il fallait ici faire le bilan de la guerre pour l’Allemagne en évoquant l’importance des pertes humaines (plus de 10% de la population disparue dans la guerre), matérielles (dette de l’Etat multipliée par 10, ville parfois presque entièrement inhabitables…), mais aussi certains éléments de rebonds (80% de l’appareil industriel en état de marche.

L’Allemagne apparait surtout comme le responsable de la guerre aux yeux des vainqueurs, elle doit être dénazifiée. Elle perd une part importante de son territoire à l’Est au profit de la Pologne et est occupé militairement par les quatre puissances considérées comme les vainqueurs de la guerre (E.U. , U.R.S.S., R.U., Fr.). Berlin, en plein secteur soviétique connait aussi une occupation quadripartite.

 

  1. A quelles réalités de la société      américaine renvoie la phrase soulignée ?

Kennedy fait ici allusion a certaines vagues d’hystérie collective en matière politique, ainsi le Maccarthysme des années 1950 (voir cours). Le problème des inégalités raciales et sociales est également sous-jacent ici (voir cours)… La question cela dit ne supposait pas d’évoquer les problèmes de la société américaine à la fin des années 1960 et au début des années 1970 puisqu’ils sont postérieurs à ce texte.

 

  1. Expliquez les origines de la      construction du Mur de Berlin et l‘analyse qu’en fait Kennedy.

On pouvait ici rappeler la première crise de Berlin avec le Blocus et la création des deux Allemagne en 1949, création qui laisse entier le problème de Berlin, cette ville sous occupation quadripartite étant désormais en RDA. Berlin est devenue une importante porte migratoire dans les années 1950 pour les allemands de l’Est désireux d’aller à l’Ouest. C’est pourquoi Khrouchtchev et les autorités est allemandes décident de construire ce mur en 1961 pour empêcher ces départs. Ce mur est vu par Kennedy comme un symbole de la « faillite du communisme » : si le terme est excessif puisque la RDA devait vivre encore 26 ans après ce discours, il s’inscrit pleinement dans la logique idéologique de la guerre froide visant à forcer les oppositions entre les deux Blocs.

 

  1. Que représente la ville de Berlin dans      le monde pour le président américain en 1963 ?

Berlin est un point de contact entre les modèles occidentaux et communistes, entre le « monde libre » selon Kennedy, et le monde caractérisé par « l’oppression » communiste. Berlin est de ce fait le symbole de la guerre froide. Et c’est pourquoi Kennedy s’affirme citoyen berlinois au final entendant par là que le problème de Berlin est celui de tous ceux qui, dans le monde, se sentent impliqués dans la guerre froide. La question berlinoise traduit l’universalité du conflit Est/Ouest.

 

  1. En quoi l’attitude des deux Grands      concernant la question berlinoise justifie l’idée que la guerre froide fut      une « paix impossible, guerre improbable » (R. Aron) ?

La question berlinoise montre que la guerre froide est une « paix impossible » en ce sens que la ville est divisée en deux parties que tout oppose en 1961. De plus, par l’intermédiaire de la RDA et de la RFA à partir de 1949, jamais aucun des deux Grands depuis 1945 n’a cédé un quelconque bout de terrain à l’adversaire, par rapport à ce que prévoyaient les accords de Yalta. La question berlinoise montre cependant que la guerre froide est une « guerre improbable » puisque lors du blocus, la riposte américaine fut un pont aérien et non une riposte armée. Au moment de la crise du mur, la riposte fut essentiellement verbale, ce dont témoigne ce discours de Kennedy, mais là encore il n’y a pas eu de conflit armé, lequel aurait pu s’étendre à d’autres parties du monde.

 

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